LA BATAILLE DE MILLY - DANNEMOIS
Si vous transitez par la route 448, vous pouvez voir, à
l’intersection de la voie qui mène à Dannemois, un petit monument.
Celui-ci, a été érigé en 1872, en l’honneur des francs-tireurs
de Paris-Châteaudun, qui livrèrent en septembre 1870, de vaillants combats
contre les envahisseurs allemands dans les alentours de Dannemois, et près des
roches de Montignotte, à Milly-la-Forêt.
Le récit de cette bataille a été consigné par le
lieutenant-colonel Ledeuil qui commandait les francs-tireurs, de
Paris-Châteaudun. En voici les faits.
Nous sommes au début du mois de septembre 1870.
La ville fortifiée de Sedan vient d’être prise, consommant la défaite d’une
partie de l’armée française, Louis-Napoléon Bonaparte est prisonnier des
Allemands. Le 4 septembre, sans qu’une seule goutte de sang ne soit versée, la
3e République est proclamée et le général Trochu proclamé président.
Il doit être le militaire sous l’autorité et l'instigation de laquelle le
peuple de France est appelé à continuer la lutte contre l’envahisseur prussien.
L’ambiance générale est à la résistance et au
patriotisme. Victor Hugo, de retour de son exil de l’île de Guernesey,
déclare : « Paris va terrifier le monde. On va voir comment Paris
sait mourir. Le Panthéon se demande comment il fera pour recevoir tout ce
peuple qui va avoir droit à son dôme ! ».
Parole de circonstances, car l’ennemi approche
de la capitale, et le 18 septembre, deux de ses armées y arrivent, l’une par le
sud, l’autre par le nord.
C’est le même jour que les francs-tireurs de
Paris, après avoir essuyé quelques escarmouches près de Melun, s’installent
dans la région de Milly. Il y a là près de 900 hommes qui ne peuvent tous
trouver refuge dans la petite cité milliacoise. Aussi, la 6e
compagnie de ce bataillon est-elle détachée à Courances, la 7e à
Moigny, et la 8e à Dannemois.
A Dannemois, le 18 septembre c’est le jour de la
fête patronale... mais l’ambiance n’est pas à la kermesse. Les francs-tireurs sont
là, c’est donc le signe que l’ennemi n’est pas loin. Déjà, un petit groupe de
la Garde nationale, composé de 25 civils, est posté aux confins de la commune.
Celle-ci, pour sa défense, peut également compter sur les 83 hommes de la
compagnie des francs-tireurs que commande le capitaine Bonnet.
Les francs-tireurs ne font pas partie des
troupes régulières. Ils sont en quelque sorte des partisans. De ce fait, leur
équipement est rudimentaire, et leur expérience du feu inexistante.
La bataille s’engage rapidement. Malgré le
nombre imposant de leurs adversaires, les Français résistent bien. Le combat
coûte la vie à un colonel prussien, le conte Von Horn, et à son capitaine
d’ordonnance. Malheureusement pour les défenseurs, ils sont contraints à la
retraite et le village de Dannemois est investi.
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Les vainqueurs réclament
le maire. Celui-ci M. Bocquet s’avance dignement. Il est frappé en se voyant
reprocher la défense acharnée fournie par ses administrés. Pendant ce temps, le gros
du bataillon des francs-tireurs s’apprête à quitter Milly. Il ne reste plus
dans la cité que l’arrière-garde avec le convoi de poudre. Apprenant que les
hussards et les uhlans ennemis arrivent, les sergents Duchamps et Very
désignent un détachement d’une trentaine d’hommes avec pour mission de
contenir les Allemands jusqu'à ce que le bataillon fasse demi-tour pour leur
porter secours. Le petit groupe de
Français fait face pendant une demi-heure, résistant à de nombreux cavaliers,
fantassins et artilleurs adverses, avant que ne surviennent les renforts qui
mettent les Prussiens en fuite. Plus tard, la colonne libératrice fonce pour
libérer Dannemois, et retrouve les 2 groupes de la 8e compagnie,
qui s’étaient dispersés le long de l’Ecole et dans les sous-bois à proximité
de Courances. Au terme de cette
bataille, le conseil municipal de Dannemois rédigea un rapport, destiné au
préfet de Seine-et-Oise, dans lequel on peut lire que les Allemands auraient
eu 200 tués contre 20 dans le camp français. |
Le 26 septembre, un petit groupe de
francs-tireurs auxquels s’étaient joints des patriotes de la Garde nationale,
attaquèrent à proximité de la Montignote, un escadron de hussards de la mort
qui revenait d’une réquisition de pain, vin, viandes etc., à Milly. Victorieux,
les Français restituèrent ensuite ce butin au maire de Soisy-sur-Ecole.
Après leurs exploits de Milly et Dannemois, les
francs-tireurs s’illustrèrent dans d’autres cités, notamment en Beauce, où ils
acquirent le titre complet de « francs-tireurs de Paris-Châteaudun ».
La guerre finie on voulut honorer le souvenir
des francs-tireurs qui se distinguèrent au cours de ces combats. Aussi,
décida-t-on d'édifier un monument sur le territoire de la commune de Dannemois.
C’est en 1872 qu’on posa la première pierre en
présence de MM. Carnot, député de Seine-et-Oise, et Tramoni, sous-préfet
d’Etampes. Il y avait près de 1500 personnes.
Le cortège officiel partit de la mairie, précédé
par la société musicale de Milly et par les élèves de l’institution de M.
Champion, de Milly. La première pierre recouverte d’un drapeau tricolore fut
dévoilée pour être prête à accueillir
le monument que devait graver plus tard M. Dabon.
M. Carnot prononça un discours très émouvant,
dans lequel il rendit un vibrant hommage aux francs-tireurs, combattants
irréguliers mais combattants à part entière, au patriotisme fervent et il
conclut son discours en disant : « la petite commune de Dannemois
aura sa place dans notre histoire nationale... ».
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DANNEMOIS – Le Monument des Francs-Tireurs Cérémonie annuelle |
DANNEMOIS – Le Monument des Francs-Tireurs Cérémonie annuelle |